Ce qu’il faut retenir du Scarpa Spin Ultra 2
- Légèreté optimisée : 283 g en taille 42, particulièrement léger pour une chaussure d'ultra-trail avec amorti.
- Amorti durable : la mousse propriétaire conserve ses performances sans effondrement perceptible au-delà de 60 km.
- Drop réduit à 4 mm : favorise une foulée naturelle et réduit la tension sur les mollets pendant la durée.
- Adhérence Vibram MegaGrip : excellente traction sur roches sèches et terrains mixtes, avec usure faible et homogène.
- Maintien latéral via Sock Fit LW : enveloppe homogène du pied sans friction, stabilité confirmée sur très longue distance.
- Confort compatible orthèses : semelle intérieure amovible offrant suffisamment d'espace pour accueillir des semelles plantaires fines.
La Scarpa Spin Ultra 2 arrive sur un segment très concurrentiel : l’ultra-trail longue distance. Face aux Hoka Speedgoat, Salomon S/Lab Ultra ou encore Brooks Cascadia, Scarpa joue la carte de l’équilibre, une chaussure qui ne sacrifie ni le confort durable ni la réactivité. La promesse est ambitieuse, surtout pour des sorties au-delà de 80 km où chaque gramme et chaque millimètre de drop finissent par compter.
Pour ce test, nous avons enchaîné plusieurs sorties sur sentiers mixtes de montagne, dont une sortie longue de 65 km sur terrain varié (pierriers, single-tracks humides, chemins forestiers compactés) et plusieurs sorties d’entraînement de 20 à 35 km. Profil du testeur : ultra-traileur régulier, foulée neutre, pied normal à légèrement creux. Voici ce qu’on retient.

Présentation de la Scarpa Spin Ultra 2
Scarpa positionne la Spin Ultra 2 comme le fer de lance de sa gamme trail sur longue distance. Dans la gamme Scarpa Trail, elle se situe clairement au-dessus de la Spin Infinity (orientée polyvalence) et se différencie de la Spin Race, pensée pour les efforts courts et la vitesse pure.
Par rapport à la Spin Ultra V1, deux évolutions marquantes : le drop passe de 6 à 4 mm, et le poids diminue de quelques grammes pour atteindre 283 g en taille 42. Ces ajustements vont dans le même sens : une chaussure plus naturelle, plus légère, capable d’absorber les longues heures sans plomber la foulée ni agresser les tendons.
Le profil cible est clairement défini par Scarpa : l’ultra-traileur cherchant un outil fiable sur très longue distance, avec un compromis amorti/dynamisme supérieur à la génération précédente.
Fiche technique Scarpa Spin Ultra 2
- Poids : 283 g (taille 42, données i-Run)
- Drop : 4 mm
- Profil de stabilité : neutre
- Semelle extérieure : Vibram MegaGrip avec crampons multidirectionnels
- Semelle intermédiaire : mousse propriétaire Scarpa (absorption + restitution d’énergie)
- Technologies clés : Sock Fit LW (languette monopièce élastique), structure EXO (soutien interne)
- Semelle intérieure : amovible
- Usage recommandé : ultra-trail, distances supérieures à 80 km
- Tige : mesh respirant léger

Test Scarpa Spin Ultra 2 : nos impressions terrain
Les conditions de test couvrent trois types de sorties principales. Une sortie longue de 65 km en montagne avec 3 800 m de dénivelé positif, sur des sentiers alternant pierriers, passages boueux en zone forestière et chemins compactés. Deux sorties d’entraînement de 25 à 30 km sur single-tracks secs et quelques passages techniques. Une sortie par temps humide sur herbe glissante et terre argileuse. Ces conditions permettent d’évaluer l’accroche, le confort sur la durée et la gestion des terrains exigeants.
Caractéristiques techniques de la Scarpa Spin Ultra 2
L’architecture de la Spin Ultra 2 repose sur un principe clair : ne pas choisir entre amorti et dynamisme. Scarpa revendique un double « excellent » sur ces deux critères, ce qui, dans les faits, signifie une mousse intermédiaire capable d’absorber les impacts sans être molle ni inerte.

Le profil de stabilité neutre implique l’absence de correctif de pronation prononcé. Cette chaussure s’adresse donc aux coureurs avec une foulée naturellement neutre, ou légèrement supinatrice. Pour les coureurs avec une forte pronation, il faudra regarder ailleurs ou compenser avec une orthèse adaptée (la semelle amovible facilite ce point).
Poids et géométrie : une chaussure légère pour l’ultra
283 g en taille 42, c’est léger pour une chaussure positionnée ultra-trail avec amorti. À titre de comparaison, la Hoka Speedgoat 5 tourne autour de 300 g, et de nombreuses chaussures d’ultra franchissent les 310 g sans complexe.
Le drop à 4 mm est un ajustement significatif par rapport aux 6 mm de la V1. En pratique, cela favorise une attaque médio-pied plus naturelle et réduit la tension sur le tendon d’Achille et les mollets sur la durée. Après 50 km, cette différence commence à se sentir : les mollets restent plus frais qu’avec un drop à 8 ou 10 mm.
La semelle intermédiaire : mousse propriétaire Scarpa
Scarpa utilise une mousse propriétaire qui vise à combiner absorption des chocs et restitution d’énergie. Sur les premiers kilomètres, la sensation est ferme sans être dure, avec une légère impression de rebond à chaque foulée.
Après 40 km, la mousse ne montre pas de signe d’effondrement notable. Le retour d’énergie reste perceptible, même si la sensation de « pep » diminue légèrement par rapport à la fraîcheur du départ. Cette régularité sur la durée est exactement ce qu’on attend d’une chaussure d’ultra.
Accroche et traction : le Vibram MegaGrip à l’épreuve du terrain
La semelle extérieure en Vibram MegaGrip est l’un des atouts majeurs de la Spin Ultra 2. La gomme MegaGrip est reconnue dans l’industrie trail pour son adhérence sur roches humides et sèches, et sa durabilité supérieure à la moyenne.
Performances sur terrain sec et rocailleux
Sur pierriers secs et sentiers rocheux compactés, l’accroche est excellente. Les crampons s’accrochent précisément sur les aspérités, avec une confiance en appui immédiate, même en descente à vitesse soutenue. Les crampons multidirectionnels de la Spin Ultra 2 présentent une hauteur suffisante pour mordre dans le terrain sans générer d’effet de bascule inconfortable. Après la sortie longue, l’usure des crampons reste limitée sur les zones d’attaque au talon et à l’avant-pied.
Comportement sur terrain boueux et humide
C’est le point qui mérite la nuance la plus honnête. Sur herbe mouillée et chemins argileux modérément boueux, la Vibram MegaGrip assure un niveau d’adhérence correct et rassure en descente. En revanche, sur boue dense et collante (type sous-bois forestier humide en fin d’automne), les crampons ont tendance à se colmater plus rapidement qu’une chaussure spécialisée boue avec des crampons hauts espacés. L’auto-nettoyage est partiel. Pour des courses mixtes avec des passages très boueux, c’est un point à avoir en tête.
Durabilité de la semelle Vibram MegaGrip
Après environ 150 km de test cumulés, l’usure est faible et homogène. La MegaGrip tient ses promesses de durabilité. Sur la base de ce rythme d’usure, on peut projeter une longévité supérieure à 700-800 km pour un usage trail régulier, ce qui est dans la fourchette haute de la catégorie.
Protection et maintien : pare-pierres, pare-chocs et rigidité
La protection est un critère souvent sous-évalué à l’achat mais qui s’impose après plusieurs heures de course sur terrain caillouteux.
Protection plantaire sur terrain rocailleux
La Spin Ultra 2 offre une rigidité mid-foot correcte qui filtre une bonne partie des impacts de pierres sous le pied. On ne perçoit pas les cailloux pointus directement, mais la protection n’atteint pas le niveau d’une chaussure équipée d’une plaque rigide type carbone ou nylon. Pour des terrains extrêmement rocailleux (Haute Montagne, pierriers alpins), certains coureurs peuvent ressentir quelques impacts ponctuels en fin de sortie, quand la fatigue diminue l’attention.
Pare-chocs arrière et avant : protection des orteils et du talon
Le renfort au niveau des orteils est présent et assure une protection correcte sur les impacts frontaux contre les racines ou les pierres. Le pare-chocs arrière au talon remplit son rôle sans surpoids notable. Ces éléments sont dimensionnés pour un usage ultra-trail, non pour un usage engagé en montagne technique : ils protègent sans être massifs.
Rigidité de la plateforme
La torsion de la chaussure est modérée. La semelle présente une légère flexibilité en torsion latérale, ce qui favorise l’adaptation aux appuis irréguliers. La rigidité longitudinale est bien dosée : suffisante pour économiser l’énergie en ligne droite, sans brider la flexion naturelle de l’avant-pied en montée.
Amorti et confort longue distance : la Spin Ultra 2 tient-elle ses promesses ?
C’est la vraie question pour une chaussure positionnée ultra. Un amorti qui s’effondre à 60 km transforme les 40 derniers en calvaire.
Confort à froid et après 50 km : évolution de l’amorti
Dès les premiers kilomètres, la chaussure ne nécessite pas de rodage particulier. L’amorti est immédiatement fonctionnel. Après 50 km (testé lors de la sortie longue de 65 km), la mousse reste compétente. La restitution d’énergie est légèrement atténuée, mais le confort plantaire est maintenu. Aucune douleur spécifique à signaler en rapport avec l’amorti sur cette distance.
Gestion de la fatigue plantaire et musculaire
Le drop à 4 mm contribue visiblement à réduire la tension au mollet sur la durée. Lors de descentes répétées sur 1 000 m de dénivelé négatif, les quadriceps encaissent l’effortsans signe de compensation excessive, ce qui indique que la semelle absorbe correctement les impacts répétés. La fatigue tibiale reste dans les normes attendues pour ce type de sortie.
Semelle intérieure amovible : compatibilité orthèses et personnalisation
La semelle intérieure d’origine est confortable par défaut, avec un maintien de voûte neutre adapté à la majorité des foulées. Son caractère amovible est un vrai plus pour les coureurs sous orthèses plantaires : l’espace interne est suffisant pour accueillir une semelle orthopédique fine sans compresser le pied sur la durée.
Tige, maintien latéral et gestion du dévers
Sur un ultra, la tige travaille autant que la semelle. Les changements de dévers répétés, les passages en single-track étroit et les heures d’effort cumulées sollicitent le maintien latéral de façon continue.
La technologie Sock Fit LW : enveloppement et stabilité latérale
La languette monopièce élastique du système Sock Fit LW est l’une des signatures de Scarpa sur ce modèle. En pratique, elle enveloppe le dessus du pied de façon homogène, sans créer de zone de pression localisée. Après 6 heures de course, aucun point de friction notable sur le dessus du pied ni au niveau des malléoles. C’est un résultat solide pour une chaussure destinée aux longues distances.
La stabilité latérale apportée par ce système est réelle : les mouvements de glissement du pied à l’intérieur de la chaussure sont limités, ce qui réduit le risque d’ampoules latérales sur la durée.
Le système EXO : soutien interne en dévers et sur pierres
La structure EXO intégrée à la tige renforce le cadre interne de la chaussure sans ajouter de rigidité excessive. Sur les passages en dévers marqués (typiques des sentiers de montagne), ce soutien se fait sentir : le pied ne bascule pas vers l’intérieur et la cheville reste bien positionnée. Ce n’est pas un dispositif anti-pronation, mais un renfort structural qui améliore la confiance en terrain accidenté.
Respirabilité du mesh : gestion thermique et de l’humidité
Le mesh utilisé sur la Spin Ultra 2 assure une bonne circulation d’air à intensité modérée à élevée. Par temps chaud et sec, le pied reste ventilé sans surchauffe notable. En revanche, sur un passage en rivière ou sous une pluie soutenue, la chaussure s’imbibe rapidement (ce qui est attendu d’un mesh léger non imperméabilisé) et le temps de séchage est moyen, estimé entre 45 minutes et 1h30 selon les conditions. Pour un ultra avec des passages à gué, c’est un paramètre à intégrer dans la gestion de la course.
Usages et terrains recommandés pour la Scarpa Spin Ultra 2
Ultra-trail longue distance (plus de 80 km) : le terrain de jeu idéal
La Spin Ultra 2 est taillée pour les efforts longs sur terrains variés de montagne. Des courses comme le TDS, la Diagonale des Fous, ou des ultras de montagne sur 100 miles constituent le contexte où elle exprime pleinement son potentiel. L’équilibre amorti/dynamisme, le poids contenu et le drop réduit sont tous cohérents avec les exigences de ces formats. C’est ici que l’investissement dans cette chaussure prend tout son sens.
Courses moyennes et entraînements : usage possible mais sous-optimal
Sur des distances de 20 à 50 km, la Spin Ultra 2 est fonctionnelle mais pas idéale. Son poids de 283 g, léger pour l’ultra, reste supérieur à des chaussures de trail racing pensées pour la vitesse. La sensation d’amorti généreux peut aussi désavantager un coureur cherchant un retour sol immédiat et une réactivité maximale sur effort court. Pour ces usages, la Scarpa Spin Race est plus adaptée.
Terrains à privilégier et à éviter
- Sentiers mixtes montagne : excellente option, terrain de jeu naturel de la chaussure
- Roches sèches et pierriers : adhérence et protection correctes, accroche MegaGrip efficace
- Chemins forestiers compactés : très à l’aise, confort maximal
- Boue dense et collante : usage possible mais limites de l’auto-nettoyage des crampons
- Neige tassée : à évaluer au cas par cas, la MegaGrip peut fonctionner sur neige dure
- Route et asphalte : déconseillé, usure prématurée et perte de l’intérêt de la chaussure
Notre avis détaillé sur la Scarpa Spin Ultra 2
Les points forts de la Scarpa Spin Ultra 2
- Légèreté pour la catégorie : 283 g en taille 42, c’est un argument sérieux face à des concurrentes souvent plus lourdes à amorti équivalent
- Durabilité de l’amorti : la mousse tient ses promesses sur la durée, aucun effondrement perceptible avant 60 km de sortie
- Adhérence Vibram MegaGrip : polyvalente et rassurante sur roches sèches et terrains mixtes
- Drop à 4 mm : favorable à une foulée naturelle et à la gestion de la fatigue musculaire sur ultra
- Sock Fit LW : absence de points de friction sur longue durée, enveloppement homogène du pied
- Semelle amovible : compatibilité orthèses, un vrai plus pour les coureurs appareillés
Les points à améliorer
- Protection sur terrains très techniques : le niveau de protection plantaire et la robustesse des pare-chocs conviennent à un ultra classique mais peuvent montrer leurs limites sur des terrains extrêmement rocheux ou alpins engagés
- Comportement en boue dense : les crampons se colmatent sur boue épaisse, ce qui réduit la confiance en descente sur sols argileux saturés
- Réactivité : les coureurs cherchant une chaussure nerveuse pour des efforts plus courts ou des formats compétitifs seront frustrés par l’orientation confort de la mousse
- Tarif : à mettre en regard de concurrentes bien installées comme la Hoka Speedgoat ou la Salomon S/Lab Ultra 3, qui proposent des profils similaires à des prix comparables ou inférieurs selon les offres
Note globale et critères d’évaluation
- Amorti : 9/10
- Accroche : 8/10
- Maintien latéral : 8/10
- Protection : 7/10
- Respirabilité : 7/10
- Rapport qualité/durabilité : 8/10
- Polyvalence terrain : 8/10
- Note globale : 8/10
La Spin Ultra 2 est une chaussure d’ultra-trail solide, équilibrée et honnête dans ses promesses, particulièrement convaincante sur les très longues distances en terrain mixte de montagne.
Conclusion : à qui s’adresse la Scarpa Spin Ultra 2 ?
Profil idéal du coureur
La Spin Ultra 2 s’adresse à l’ultra-traileur régulier qui cherche un outil fiable sur des distances dépassant 80 km. Le profil type : foulée neutre, priorité donnée au confort durable et à la régularité sur la vitesse de pointe, pratique sur sentiers montagnards variés avec du dénivelé. Les coureurs qui enchaînent des sorties longues hebdomadaires et préparent des formats UTMB, TDS ou équivalents trouveront ici une chaussure cohérente avec leurs besoins.
Alternatives à considérer
- Scarpa Spin Race : pour les distances courtes à moyennes (moins de 50 km) et les coureurs cherchant la réactivité avant tout
- Hoka Speedgoat 6 : pour ceux qui veulent un amorti encore plus maximaliste sur ultra, au prix d’un poids légèrement supérieur
- Salomon S/Lab Ultra 3 : pour les ultra-traileurs cherchant à combiner performance, protection renforcée et dynamisme sur terrain technique engagé
Verdict final
La Scarpa Spin Ultra 2 remplit son contrat sur le segment ultra-trail : légère pour sa catégorie, durable en amorti, rassurante en adhérence sur terrains mixtes. Elle convient à un coureur dont la priorité est la régularité et le confort sur la durée, pas la performance à tout prix sur format court.




