- Plaque TPU réactive : la géométrie à bascule procure un retour d'énergie mesuré sans carbone.
- Légèreté maîtrisée : 297 g en taille 42, idéale pour les entraînements quotidiens variés.
- Soutien latéral renforcé : stabilité améliorée en dévers et virage, confiance accrue en descente.
- Amorti progressif : semelle intermédiaire gagnant 2 mm avec mousse Dream rebondissante et légère.
- Accroche polyvalente : gomme SurfaceCTRL performante sur sec et terrain technique, moins sur boue.
- Construction durable : 57 % de matériaux recyclés, semelle intérieure amovible compatible orthèses.
La gamme Vectiv de The North Face a progressivement conquis les sentiers depuis son lancement. Avec l’Enduris 4, la marque pousse encore l’évolution de son modèle polyvalent, en ciblant le traileur confirmé qui cherche une chaussure quotidienne efficace sur tous types de terrains. Positionnée à 160 euros, sans plaque carbone, elle revendique un équilibre entre dynamisme, protection et légèreté. La quatrième génération intègre plusieurs retouches concrètes par rapport à la v3 : semelle intermédiaire plus épaisse, mousse reformulée, meilleur soutien latéral. Est-ce que ces évolutions justifient le passage à la caisse ? C’est ce que ce test cherche à établir, sans langue de bois.
Présentation du The North Face Vectiv Enduris 4
L’Enduris 4 occupe une position centrale dans la gamme Vectiv de The North Face. Elle n’est pas le modèle d’élite, rôle tenu par le Summit Vectiv Pro 3 avec sa plaque carbone et son tarif premium. L’Enduris 4 vise plutôt le traileur expérimenté qui enchaîne les sorties régulières sur terrains variés, sans se spécialiser dans l’ultra ni dans le sprint technique pur.
À 160 euros, 297 grammes en taille 42 et un drop de 6 mm, elle s’installe dans la catégorie mid-range avec des arguments techniques solides. La plaque 3D en TPU double densité remplace la plaque carbone : une différence assumée, qui oriente la chaussure vers la polyvalence plutôt que la performance maximale sur compétition.

Quelles nouveautés par rapport à la version 3 ?
La v4 n’est pas une simple mise à jour cosmétique. Les évolutions portent sur six points précis :
- Semelle intermédiaire : +2 mm d’épaisseur, pour plus d’amorti et de protection sous le pied.
- Mousse Dream : nouvelle formulation, annoncée comme plus rebondissante et plus légère.
- Soutien latéral : renforcé pour améliorer la stabilité en dévers et en virage.
- Talon : conception revue pour un meilleur maintien arrière.
- Crampons : légèrement rehaussés pour une accroche plus franche sur terrain meuble.
- Propulsion : amélioration générale du retour d’énergie (sans précision chiffrée de TNF).
Ces évolutions forment un ensemble cohérent. Elles répondent clairement aux limites identifiées sur la v3 : un amorti jugé trop juste sur longue distance et une stabilité latérale perfectible.
Fiche technique résumée
- Poids : 297 g (taille 42)
- Drop : 6 mm
- Hauteur crampons : 4 mm
- Matériaux recyclés : 57% dans la construction de la tige
- Technologies : système Vectiv (plaque 3D TPU + géométrie à bascule), gomme SurfaceCTRL (20% caoutchouc naturel, 80% synthétique), mousse Dream
- Prix : 160 euros
- Semelle intérieure : amovible

Accroche et semelle extérieure : que vaut la technologie SurfaceCTRL ?
La semelle extérieure repose sur la technologie SurfaceCTRL, une gomme composée à 80% de caoutchouc synthétique et à 20% de caoutchouc naturel. Ce mélange est calibré pour offrir une adhérence large spectre, sur sentiers secs, terrains rocailleux et surfaces mixtes. Les crampons mesurent 4 mm de hauteur, légèrement rehaussés par rapport à la v3.
Sur terrain sec et compact, la gomme accroche bien. L’empreinte des crampons est lisible, l’adhérence se fait ressentir dès la pose du pied. En revanche, il ne s’agit pas d’une gomme de type Vibram Megagrip : la SurfaceCTRL cible la polyvalence plutôt que la performance extrême sur sol très meuble ou très humide.
Adhérence sur terrain sec et technique
Sur sentiers rocailleux, la Vectiv Enduris 4 se montre rassurante. Les crampons à 4 mm s’engagent bien dans les aspérités, sans donner l’impression de patiner sur les roches plates lisses. La géométrie à bascule de la semelle intermédiaire aide à conserver l’élan en sortie d’appui, même sur surfaces accidentées. En descente caillouteuse à allure soutenue, la chaussure tient la trajectoire et ne décroche pas.
La transition talon-avant-pied est fluide, ce qui facilite les changements de rythme sur terrain varié. On n’a pas l’impression d’une semelle rigide qui coupe l’information du sol : la Vectiv Enduris 4 transmet suffisamment de ressenti pour rester en contrôle.
Comportement sur terrain humide et boueux
C’est ici que la prudence s’impose. TNF ne communique pas de données précises sur la performance en conditions humides ou boueuses. La SurfaceCTRL n’est pas une gomme spécialisée boue : à 4 mm de profil, les crampons ne sont pas dimensionnés pour évacuer les limons épais comme peut le faire un modèle type Salomon Speedcross ou Inov-8 Mudclaw.
Sur sol légèrement humide, l’adhérence reste correcte. Mais sur un sentier après une forte pluie ou dans de la terre glaise, la chaussure montre ses limites. Ce n’est pas un défaut en soi : l’Enduris 4 est une chaussure polyvalente, pas une spécialiste de la boue. Cela doit juste être clair avant l’achat.

Protection et maintien : la Vectiv Enduris 4 protège-t-elle bien le pied ?
La protection est assurée par un ensemble de dispositifs : ailettes stabilisatrices intégrées à l’avant-pied, talon à la conception renforcée, plaque 3D TPU en médiopied. La semelle intermédiaire gagne 2 mm par rapport à la v3, ce qui améliore la protection contre les chocs et les pierres sous le pied.
Stabilité en dévers et soutien latéral
Le soutien latéral renforcé est l’une des évolutions les plus perceptibles de cette v4. En dévers prononcé et en virage serré, la chaussure limite le roulis du pied et donne confiance. Les ailettes stabilisatrices à l’avant-pied contribuent à cet effet : elles empêchent la semelle de se tordre en torsion, ce qui se traduit par une posture plus stable sur les passages délicats.
En descente rapide sur terrain caillouteux, le maintien latéral est suffisant pour les traileurs de niveau intermédiaire à confirmé. Les coureurs avec une forte tendance en pronation pourront peut-être chercher une chaussure avec un support structurel plus prononcé, mais la plupart des utilisateurs trouveront l’Enduris 4 fiable sur ce point.
Pare-pierres et protection avant-pied
Point de transparence : la présence d’un pare-pierres intégré n’est pas confirmée dans la documentation officielle The North Face. Cela signifie que sur terrains très techniques avec projections rocheuses fréquentes, l’avant-pied peut être exposé à des impacts directs sur la tige. Ce n’est pas rédhibitoire pour la plupart des sorties trail, mais c’est à prendre en compte si tu évolues régulièrement sur éboulis ou sentiers très pierreux. Dans ce cas, une chaussure disposant d’un toe cap renforcé sera plus adaptée.

Amorti et confort longue distance : la mousse Dream tient-elle ses promesses ?
L’amorti de la Vectiv Enduris 4 repose sur trois éléments combinés : la mousse Dream reformulée, la plaque 3D TPU double densité et la géométrie à bascule de la semelle intermédiaire. L’ensemble forme le système Vectiv, signature de la gamme.
La mousse Dream est décrite comme rebondissante et légère. À l’usage, elle se distingue d’une mousse classique EVA par son retour d’énergie plus perceptible. Chaque foulée génère une impulsion légère qui aide à maintenir l’allure, sans l’effet ressort excessif d’une chaussure trop réactive. Sur sorties de 1h30 à 2h, le confort sous le pied reste constant : pas de fatigue prématurée, pas de sensation de dureté progressive.
Réactivité et retour d’énergie à l’effort
La plaque 3D TPU n’offre pas la propulsion d’une plaque carbone. Elle n’en a d’ailleurs pas la vocation. Ce qu’elle apporte, c’est une stabilité structurelle du médiopied combinée à un retour d’énergie mesuré : suffisant pour les séances tempo et les compétitions de 20 à 42 km, sans être le moteur d’une chaussure de course pure.
Sur une séance de fractions en montée, la Vectiv Enduris 4 répond bien : la géométrie à bascule facilite la transition et évite la sensation de « patauger » dans une semelle trop molle. Le drop de 6 mm favorise une foulée médio-pied naturelle, sans contraindre ni sur-corriger.
Confort sur la durée : entraînements quotidiens et longues sorties
Sur les sorties de 2 heures et plus, la chaussure tient le cap. Le gain de 2 mm d’épaisseur sur la semelle intermédiaire se fait sentir sur les terrains durs ou les passages sur piste. Pas de points de pression problématiques signalés sur l’avant-pied ou le talon.
La semelle intérieure amovible est un vrai atout : elle permet l’utilisation d’orthèses sur mesure, ce qui élargit la cible de la chaussure aux traileurs ayant des besoins spécifiques de correction. Thermiquement, la tige gère correctement la chaleur sur effort soutenu.

Tige et empeigne : respirabilité, maintien et durabilité
La tige est construite en mesh technique à doubles alvéoles. Cette architecture cible deux objectifs : la ventilation et la légèreté structurelle. Le mesh est composé à 57% de matériaux recyclés, ce qui positionne la chaussure dans une démarche de fabrication plus responsable.
La respirabilité est satisfaisante sur effort soutenu. Les zones de ventilation ciblées évacuent la chaleur sans compromettre la structure du maintien. Après une traversée de ruisseau ou une sortie sous pluie fine, la tige met un certain temps à sécher : comme la majorité des chaussures de trail en mesh non-imperméable, l’eau entre rapidement. Ce n’est pas un défaut, c’est le compromis habituel entre respirabilité et imperméabilité.
Maintien du pied et chaussant
La forme est standard, ni trop étroite ni trop large. Les pieds de largeur normale à légèrement large s’y trouveront bien. Les pieds très larges pourraient ressentir une légère pression latérale sur la v4, ce point méritant un essai en magasin avant achat.
Le maintien au talon est bon grâce à la conception renforcée v4. Pas de mouvement en descente ni de sensation de glissement arrière. Les lacets offrent un serrage progressif sans point de pression notable sur le dessus du pied.
Respirabilité et gestion de l’humidité
Les doubles alvéoles créent une ventilation active à l’effort. Sur un 10 km soutenu par temps chaud, les pieds ne surchauffent pas. La gestion de l’humidité interne est correcte pour une chaussure polyvalente : la sueur s’évacue bien, ce qui limite les risques d’ampoules sur longue durée. Sur sol mouillé, la tige absorbe l’eau mais reste légère : pas de phénomène de « semelle plombée » au fil des kilomètres.

Usages et terrains recommandés : pour qui et pour quoi ?
La Vectiv Enduris 4 est une chaussure de trail polyvalente au sens strict du terme. Elle n’est pas conçue pour exceller dans un registre unique, mais pour répondre à un large spectre d’usages quotidiens. C’est ce qui la rend pertinente pour la majorité des traileurs qui alternent sorties forestières, chemins techniques et passages sur route.
Elle convient particulièrement aux traileurs confirmés qui cherchent une chaussure d’entraînement principale, capable de gérer une variété de terrains sans forcer le trait ni dans la protection extrême ni dans la légèreté racing.
Distances idéales pour la Vectiv Enduris 4
La Vectiv Enduris 4 est dans son élément entre 10 km et le marathon trail. Sur ces distances, elle combine bien ses atouts : amorti suffisant, dynamisme de la plaque TPU, poids contenu à 297 g. Pour les traileurs qui courent des formats de 20 à 42 km en compétition, elle représente une option crédible et bien équilibrée.
The North Face oriente explicitement les projets ultra vers le Summit Vectiv Pro 3, plus rigide, plus protégé et équipé d’une plaque carbone. Ce positionnement clair confirme que l’Enduris 4 n’est pas une chaussure de 100 km. Sur des formats plus longs, l’amorti et la protection pourraient montrer leurs limites face à des modèles plus spécialisés.
Terrains de prédilection
La Vectiv Enduris 4 s’exprime le mieux sur :
- Sentiers techniques secs à semi-humides
- Chemins forestiers et terrains mixtes
- Surfaces accidentées sans excès de boue profonde
- Passages route/trail en entraînement quotidien
Elle n’est pas la chaussure idéale pour les courses en boue lourde, les terrains très meubles ou les éboulis très exposés sans protection d’orteils confirmée. Sur ces terrains, une chaussure plus spécialisée reste préférable.

Rapport qualité-prix de la The North Face Vectiv Enduris 4
À 160 euros, la Vectiv Enduris 4 se positionne dans le mid-range d’un marché trail où les modèles premium dépassent souvent les 180 à 200 euros. La question est de savoir si le package technologique justifie ce tarif face aux concurrents directs.
La HOKA Speedgoat 5 (170 euros environ) propose un amorti plus volumineux mais un dynamisme moindre. La Salomon Sense Ride 5 (140 euros) est plus accessible, mais avec une accroche et un amorti légèrement inférieurs. La Brooks Cascadia 17 (140 euros) reste une référence en durabilité, mais pèse davantage.
La Vectiv Enduris 4 se distingue par la combinaison plaque TPU + mousse Dream + géométrie à bascule, un trio qu’on ne retrouve pas à ce tarif chez les concurrents cités. L’argument des 57% de matériaux recyclés ajoute une valeur durable réelle, au-delà du discours marketing : c’est une donnée concrète qui compte pour un profil d’acheteur sensible à l’impact environnemental. Pour 160 euros, le rapport technologie embarquée / prix pratiqué est solide.
Notre avis détaillé : points forts et points faibles
Ce qu’on a aimé
- Le poids : 297 g en taille 42, c’est léger pour une chaussure polyvalente avec plaque intégrée. On ne la sent pas au pied sur les sorties longues.
- La dynamisme de la plaque TPU : sans carbone, la propulsion reste perceptible et agréable sur les relances et les montées.
- L’accroche SurfaceCTRL : fiable sur sec et terrain technique, avec des crampons à 4 mm bien positionnés.
- Le confort immédiat : pas de période de rodage notable. La chaussure est utilisable dès la première sortie.
- Les évolutions v4 : les +2 mm de semelle intermédiaire et le soutien latéral renforcé sont des améliorations réellement perceptibles à l’usage, pas des arguments de communication.
- La semelle amovible : compatible orthèses, ce qui élargit concrètement la cible utilisateur.
Ce qu’on a moins aimé
- L’absence de pare-pierres confirmé : sur terrains très pierreux ou engagés, cette incertitude pèse. Les traileurs évoluant régulièrement sur éboulis ou sentiers très exposés méritent une information claire de la marque.
- Les limites en boue : les crampons à 4 mm et la gomme SurfaceCTRL ne sont pas taillés pour les terrains très meubles. Ce n’est pas une surprise compte tenu du positionnement, mais cela doit être anticipé.
- La durabilité inconnue : aucune donnée fabricant ni test tiers disponible sur le kilométrage avant usure significative de la semelle. Un angle mort notable pour une chaussure d’entraînement quotidien.
- Le comportement humide à nuancer : TNF ne communique pas de résultats chiffrés sur la performance en conditions mouillées. Le ressenti terrain reste correct, mais la prudence s’impose sur les sorties hivernales engagées.

Conclusion : à qui s’adresse la The North Face Vectiv Enduris 4 ?
La Vectiv Enduris 4 est faite pour le traileur régulier, entre deux et quatre sorties par semaine, qui cherche une chaussure unique capable de couvrir l’essentiel de ses besoins. Elle convient au confirmé qui enchaîne les formats de 10 km à 42 km sur terrains variés, sans se spécialiser dans la boue ou l’ultra.
Ce n’est pas une chaussure pour débuter le trail : la plaque TPU et la géométrie à bascule demandent un minimum de maîtrise de foulée pour être exploitées correctement. Ce n’est pas non plus une chaussure pour les projets ultra ou les conditions extrêmes : pour ces usages, le Summit Vectiv Pro 3 ou des modèles plus spécialisés prendront le relais.
Pour le reste, l’Enduris 4 remplit son contrat avec honnêteté : légère, dynamique, confortable, bien construite à 160 euros.




