- Légèreté optimisée : 267 g seulement, un avantage cumulatif perceptible à partir du 60e kilomètre.
- Amorti durable : OptiFOAM et géométrie Relieve Sphere conservent leurs propriétés sans s’affaisser sur la durée.
- Polyvalence terrains : Contagrip All Terrain couvre efficacement terrains secs, humides, boueux et rocailleux modérés.
- Maintien stable : SensiFit et EndoFit enveloppent le pied sans compression, talon bien calé en descente.
- Gestion thermique améliorée : Engineered Mesh retravaillé pour évacuer la chaleur efficacement en efforts prolongés.
- Rapport qualité-prix : 150 € pour des technologies solides, moins cher que concurrents similaires à 180-200 €.
Le marché des chaussures d’ultra-trail s’est considérablement étoffé ces dernières années. Face à des modèles de plus en plus spécialisés, Salomon repositionne sa gamme Ultra Glide avec une quatrième version qui vise un équilibre précis : légèreté, amorti durable et polyvalence terrain. À 150 €, la promesse est ambitieuse. Est-ce que cette chaussure tient vraiment la distance sur 100 km et plus ? C’est ce que ce test approfondi va déterminer, en passant en revue chaque composant, du Contagrip jusqu’à la tige Engineered Mesh redessinée pour la version 4.
Présentation de la Salomon Ultra Glide 4
Une chaussure pensée pour l’ultra-trail
Salomon positionne clairement l’Ultra Glide 4 sur les longues distances, à partir de 50 km et jusqu’au 100 miles. Ce n’est pas une chaussure de vitesse ni un modèle de compétition courte distance. C’est une chaussure de travail, conçue pour les traileurs qui enchaînent les sorties régulièrement, quatre fois par semaine ou plus, sur des sentiers variés.

La cible est précise : le traileur qui veut un modèle fiable, confortable sur la durée, capable de s’adapter à des terrains mixtes sans être spécialisé dans un usage unique. Tous les niveaux, toutes les morphologies, pratique régulière. Ce profil correspond à une grande partie des pratiquants qui cherchent une chaussure de référence pour leurs objectifs ultra.
Les évolutions clés de la version 4 par rapport à la v3
La version 4 apporte trois évolutions concrètes. La tige a été entièrement retravaillée pour améliorer la gestion thermique à l’effort, un point sensible sur les longues sorties en été ou en conditions chaudes. La mousse est désormais baptisée OptiFOAM, avec les mêmes caractéristiques de légèreté et de rebond que la génération précédente. Enfin, le poids a été revu à la baisse, même si Salomon ne communique pas de chiffre précis sur la réduction par rapport à la v3.
En résumé : même ADN, upper amélioré, poids optimisé. Évolution raisonnable plutôt que révolution.
Fiche technique complète de la Salomon Ultra Glide 4
Voici les données clés à connaître avant d’aller plus loin :
- Prix : 150 €
- Poids : 267 g (taille 42, mesure i-Run)
- Drop : 6 mm
- Stabilité : neutre
- Semelle extérieure : All Terrain Contagrip, crampons 4 mm
- Semelle intermédiaire : OptiFOAM avec géométrie Relieve Sphere (ondulée)
- Semelle intérieure : Ortholite amovible
- Tige : Engineered Mesh, 24 % matériaux recyclés
- Systèmes de maintien : SensiFit (enveloppe externe), EndoFit (manchon interne)
- Laçage : Quicklace avec pochette de rangement intégrée
- Surface cible : sentiers variés, ultra-trail toutes distances
Un drop à 6 mm place cette chaussure dans une zone intermédiaire, compatible avec une large majorité de foulées. Le poids de 267 g est léger pour la catégorie, un avantage cumulatif qui se ressent à partir du 60e kilomètre.

Accroche et semelle extérieure : adhérence tous terrains
Le système All Terrain Contagrip à l’épreuve
La semelle extérieure utilise le Contagrip All Terrain de Salomon, une gomme propriétaire. Les crampons mesurent 4 mm de hauteur. C’est un profil intermédiaire, ni trop agressif comme un modèle de boue, ni insuffisant pour les terrains mixtes typiques de l’ultra-trail.
Sur terrain sec et compact, l’accroche est franche et rassurante, aussi bien en montée qu’en descente. Sur terrain humide et boueux, le Contagrip se défend bien : le pattern permet une évacuation correcte et maintient un grip utilisable. Sur rocher, les appuis sont précis sans être aussi tranchants qu’une semelle type Vibram Megagrip. Pour te donner un point de comparaison concret, si tu cours sur des sentiers des Alpes ou des Pyrénées sur des parcours mixtes, tu seras dans la zone de confort de ce Contagrip.
Sur terrains très techniques, avec des dalles calcaires sèches ou de la vire rocheuse exposée, la gomme montre ses limites. Elle reste correcte, mais des modèles orientés technique pure feront mieux, comme ceux testés dans notre avis sur la La Sportiva Jackal II, une chaussure elle aussi taillée pour l’ultra mais sur des terrains plus exigeants.

Durabilité de la semelle extérieure
La gomme Contagrip All Terrain est réputée pour sa résistance à l’usure. Sur des sorties régulières, le pattern conserve sa mordant sur plusieurs centaines de kilomètres. Salomon ne communique cependant pas de données précises sur le kilométrage avant remplacement, ce qui reste un point d’opacité commun à beaucoup de marques.
Protection et maintien : la sécurité sur les longues distances
Le pare-pierres : fiabilité confirmée
Le pare-pierres de l’Ultra Glide 4 protège efficacement contre les débris naturels sur sentiers mixtes et rocailleux. Cailloux, racines, gravillons : la protection est suffisante pour enchaîner les kilomètres sans appréhension. En revanche, sur des terrains ultra-techniques de type haute montagne, la protection atteint ses limites. Pour ce type d’usage, des chaussures comme celles que nous avons testées dans notre test de la La Sportiva Mutant sont mieux adaptées.
SensiFit et EndoFit : le duo maintien de Salomon
Le SensiFit est le système d’enveloppe externe : il ceinture le pied de manière précise sans créer de points de pression. Le maintien latéral est réel, particulièrement appréciable en descente technique où le pied a tendance à glisser vers l’avant ou sur les côtés.
L’EndoFit est le manchon interne. Il améliore le retour proprioceptif, c’est-à-dire la sensation du sol sous le pied. Sur une sortie longue, cela se traduit par une lecture du terrain plus précise et une réduction des micro-mouvements à l’intérieur de la chaussure. Moins de frottements, moins de risques d’ampoules sur 80 km.

La stabilité du talon est renforcée. En descente rapide ou sur pente raide, le talon reste bien calé, ce qui donne de la confiance sans rigidifier l’ensemble de la structure.
Système de laçage Quicklake
Le Quicklace est le système de lacets rapides de Salomon. En pratique : une seule traction pour serrer, le cordon se range dans une pochette intégrée sur la languette. Pratique lors des ravitaillements en ultra ou pour chausser après un gué. Le maintien est homogène sur l’ensemble du pied. Certains coureurs préféreront un lacet classique pour ajuster zone par zone, mais pour l’ultra-distance, le Quicklace reste une solution confortable et fiable.
Amorti et confort longue distance : le cœur de la Salomon Ultra Glide 4
OptiFOAM : légèreté et réactivité au fil des kilomètres
L’OptiFOAM est la mousse centrale de la semelle intermédiaire. Elle est légère et réactive, avec un retour d’énergie perceptible à chaque foulée. Sur les premiers kilomètres, le feeling est dynamique, ni trop ferme ni trop mou. Sur les 50 km suivants, c’est là que l’Ultra Glide 4 se différencie vraiment : la mousse ne s’écrase pas et conserve ses propriétés d’amorti sur la durée.
Pour comparer, si tu as testé des chaussures avec une mousse ultra-réactive mais qui compressent après 4 heures d’effort, tu verras la différence. L’OptiFOAM vise l’endurance plutôt que le pic de dynamisme immédiat.

Si tu cherches une mousse encore plus explosive et orientée performance, jette un œil à notre test de la New Balance FuelCell Venym, un modèle pensé différemment pour les distances plus courtes et la vitesse.
La géométrie Relieve Sphere : l’innovation anti-fatigue
C’est la vraie signature de cette version. La semelle intermédiaire adopte une géométrie ondulée, baptisée Relieve Sphere. Des cavités sont creusées à des emplacements précis pour filtrer les impacts sur les zones sensibles du pied, notamment l’avant et le talon. L’effet est subtil mais cumulatif : sur un 100 km, la réduction des tensions dans les métatarses et le talon se traduit par une fatigue musculaire inférieure en deuxième partie de course.
C’est une approche différente de l’empilement de mousse classique. Plutôt que d’épaissir la semelle, Salomon travaille la géométrie pour mieux distribuer les contraintes.
La semelle intérieure Ortholite amovible
La semelle intérieure Ortholite apporte un confort additionnel discret mais réel. Elle est amovible, ce qui permet d’y glisser une semelle orthopédique personnalisée si nécessaire. Un détail important pour les coureurs avec des besoins spécifiques en soutien de voûte plantaire. Avec la semelle d’origine, le feeling est propre et bien amorti. Sans elle, la mousse de la semelle intermédiaire prend le relais correctement.
Tige et respirabilité : rester au frais sur l’effort
L’Engineered Mesh de la version 4 : une vraie évolution
La tige Engineered Mesh de l’Ultra Glide 4 utilise un tissage varié : plus dense et résistant aux zones de contrainte (avant-pied, zones de flexion), plus souple et aéré ailleurs. Cela permet un compromis maintien/respirabilité difficile à obtenir avec un mesh uniforme.
L’innovation principale de la v4 par rapport à la v3 concerne précisément cette gestion thermique. La tige a été retravaillée pour évacuer la chaleur plus efficacement pendant les efforts prolongés. Sur une sortie de 6 à 8 heures en été, la différence de fraîcheur ressentie est notable comparée à des modèles avec des upper plus denses. À noter que 24 % des matériaux de la tige sont recyclés, un effort environnemental bienvenu même s’il reste secondaire dans le choix d’une chaussure de performance.

Languette aérée et drainage
La languette est en maille aérée, dans le même esprit que le reste de la tige. Elle contribue à la ventilation globale et ne crée pas de point chaud supplémentaire. En cas de gué ou de pluie soutenue, la chaussure s’humidifie mais sèche relativement vite. Ce n’est pas un modèle conçu pour l’imperméabilité : si tu courres en conditions très humides et prolongées, une version GTX sera plus adaptée.
Usages et terrains recommandés pour la Salomon Ultra Glide 4
Les terrains où elle excelle
L’Ultra Glide 4 est dans sa zone de confort sur :
- Les sentiers mixtes secs et humides, avec alternance de compacté, de rocher et de terre
- Les terrains techniques modérés, pas de l’alpinisme mais du trail montagnard classique
- L’ultra-trail de 50 km à 100 miles et au-delà, sa cible principale
Elle excelle particulièrement sur les terrains typiques des grands ultras français : sentiers de montagne avec dénivelé, alternance de surfaces, longues portions de chemins forestiers. Sur terrain boisé avec racines, elle est également à l’aise.
En revanche, sur neige tassée ou verglas, les crampons de 4 mm atteignent leurs limites. Pour ce type de conditions, mieux vaut s’orienter vers un modèle avec des crampons plus hauts et une gomme spécifique.
Profil utilisateur idéal
L’Ultra Glide 4 convient à tous les niveaux, du traileur qui prépare son premier ultra au coureur expérimenté qui cherche un modèle de confiance pour les longues sorties d’entraînement. Toutes les morphologies peuvent l’utiliser sans réserve particulière, la stabilité neutre et le SensiFit s’adaptant à des gabarits variés.
Elle n’est pas adaptée pour :
- La compétition sur courtes distances où la vitesse prime sur le confort
- La haute montagne hivernale avec neige et glace
- Les coureurs qui veulent une chaussure minimaliste avec un retour sol maximal (à l’opposé du spectre, on trouve des modèles comme la Merrell Trail Glove 7)
Pour la performance pure sur courtes distances, Salomon recommande lui-même de se tourner vers la S-Lab Pulsar 4.
Notre avis complet sur la Salomon Ultra Glide 4
Les points forts de la Ultra Glide 4
Le poids : 267 g pour une chaussure d’ultra-trail polyvalente, c’est léger. Sur un 100 km, chaque gramme économisé à chaque foulée finit par se compter en énergie préservée.
L’amorti : Le duo OptiFOAM et géométrie Relieve Sphere fonctionne. L’amorti reste cohérent sur la durée, sans s’affaisser ni devenir inconfortable après plusieurs heures d’effort. C’est l’argument différenciant central de ce modèle.
La polyvalence : Le Contagrip All Terrain avec crampons de 4 mm couvre efficacement la majorité des terrains rencontrés en ultra-trail : sec, humide, boueux, rocailleux modéré. Pas besoin de changer de chaussure selon les conditions pour 90 % des usages.
Le maintien : SensiFit et EndoFit forment un ensemble cohérent. Le pied est enveloppé sans être comprimé, le talon est stable, le retour proprioceptif est bon pour une chaussure amortie.
Le rapport qualité-prix : À 150 €, les technologies embarquées sont solides. Par rapport à des modèles concurrents de la même catégorie qui dépassent souvent les 180 à 200 €, c’est un argument réel.
Les axes d’amélioration et points de vigilance
Terrain alpin enneigé : Les crampons de 4 mm sont insuffisants sur neige dure ou verglas. Ce n’est pas la destination de ce modèle, mais vaut mieux le savoir avant de partir en haute montagne hivernale.
Rigidité médio-pied : Salomon ne communique pas de données chiffrées sur la rigidité de la semelle. Pour les coureurs avec des besoins biomécaniques spécifiques, il faudra tester en magasin pour évaluer si la flexibilité correspond à leur foulée.
Durée de vie : Comme beaucoup de fabricants, Salomon ne précise pas le kilométrage avant usure significative de la semelle. C’est un point à surveiller sur le long terme.
Comparaison concurrents : À 150 €, des alternatives comme la Hoka Speedgoat 5 ou certains modèles Asics proposent des compromis différents. Si tu veux explorer d’autres options dans cette gamme de prix, notre test de la New Balance Fresh Foam Garoé aborde un autre angle de l’amorti longue distance. Pour une perspective ultra-trail orientée Salomon plus premium, le test de la Salomon S-Lab Ultra v2 offre un point de comparaison intéressant.
Note et verdict global
- Accroche : 8/10
- Amorti : 9/10
- Maintien : 8,5/10
- Respirabilité : 8/10
- Durabilité : 7,5/10 (données constructeur manquantes)
- Rapport qualité-prix : 8,5/10
Note globale : 8,3/10
La Salomon Ultra Glide 4 s’impose comme une référence fiable et confortable pour les traileurs réguliers visant l’ultra-distance. Elle ne cherche pas à tout faire : elle fait son travail, sur la durée, sur des terrains variés, à un prix justifié.
Conclusion : à qui s’adresse la Salomon Ultra Glide 4 ?
La Salomon Ultra Glide 4 est une chaussure d’ultra-trail polyvalente, légère à 267 g, amortie intelligemment et vendue à 150 €. Elle cible le traileur régulier qui enchaîne les sorties longues sur des sentiers mixtes et vise des distances de 50 km à 100 miles.
Elle convient à tous les niveaux et toutes les morphologies. Elle n’est pas faite pour la compétition courte distance ni pour la haute montagne en conditions hivernales.
Si tu prépares un ultra-trail sur des terrains variés et que tu cherches une chaussure de confiance pour l’entraînement comme pour la course, l’Ultra Glide 4 mérite clairement d’être dans ta sélection finale.




